J'attends dans cet hôtel que passe le jour. Dès que tomberas le crépuscule je prendrais la voiture de la tenancière et ferais les derniers kilomètres qui me sépare de cette ville, Heaven. Un bien étrange nom pour une ville française, mais il faut dire que de nos jours les Anglais ne sont plus nos ennemis, je me rappelle quand nous étions en guerres, et que nos corsaires affrontaient les leurs dans les mers du Nouveau Monde, avant que tu ne meure, mon amour. Enfin, là n'est pas la questions, j'ai entendu de bien étranges choses sur cette ville. Il paraît que les habitants n'en sortent jamais, et ceux de la régions préfère éviter les abords de la cité. La tenancière de l'hôtel, je crois qu'elle s'appelait Marie, disait que l'endroit été maudit. Peut-être est-ce vrai ? Moi qui suis un Vampire, je serais bien mal placé pour mettre en doute de tels affirmations et, après tout, cela pourrait rendre le long voyage qu'est ma vie sans toi moins monotone...tu sais, les yeux de cette femme, cette Marie, avaient la même couleur que les tiens, ils m'ont ramenés en arrière, quand nous partagions les Nuits éternelles de nos existences. Mais son sang, son sang, n'avait ni la saveur ni la douceur du tien, et la chaleur de son corps n'avait pas la pureté de la froideur du tien. J'ai pensé un instant l'étreindre, lui faire rejoindre la Nuit, mais cette pale copie de toi m'aurait bien vite lassé, je crois, comme tout en ce bas-monde.
Je me demande ce qu'est devenu le jeune Asynh. C'était un charmant enfant, toujours de bonne humeur et gentil avec ces deux filles qui étaient toujours avec lui...comment s'appelait-elles déjà ? Qu'importe. J'espère qu'il sera devenu quelqu'un de plus intéressant que son père, mais bon, c'est peu probable, les mortels sont bien trop navrant. J'espère qu'il n'a pas encore engendré d'enfant, je n'aimerais pas manquer à mon serment, comme il y a tant d'années. Mais mon esprit divague et alors qu'une plume paresseuse écrit ses mots, le soleil termine sa course dans les sphère célestes et vient l'heure de mon départ. Il me faut cesser un temps mon Histoire, mais n'ai crainte mon amour, j'y reviendrais, car ses lignes sont la dernière choses qui me relient à toi. Jamais je ne cesserais de t'aimer...Elisabeth.